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Traité du libre arbitre – 1

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LIVRE DES DEUX PRINCIPES

Le Liber de duobus principiis dont nous disposons est issu d’un seul manuscrit, datant de la fin du 13e siècle, trouvé dans le fonds des Conventi soppressi de la Bibliothèque nationale de Florence. Publié en 1939 par le Père Antoine Dondaine, il est considéré comme le seul traité théologique philosophique cathare connu. Il s’agit de l’assemblage de différentes pièces issues d’un ouvrage dont Rainer Sacconi, polémiste catholique, dit qu’il comportait à l’origine « un gros volume de dix quaternions[1] ». Il ne s’agit donc que d’une partie d’un résumé de l’ouvrage original.

Le présent document est une traduction de René Nelli publié dans le recueil « Écritures cathares » publié par les éditions du Rocher dans une édition actualisée et augmentée par Anne Brenon en 1995. Pour respecter le droit des auteurs je ne vous livrerai ni la préface, ni les notices que vous trouverez dans le livre. J’espère qu’en ne publiant que la traduction je ne causerai aucun tort à personne et je permettrai à tous d’accéder à cet ouvrage essentiel à la compréhension de la doctrine cathare.

Traité du Libre Arbitre[2] – Chapitre 1

Comme beaucoup de personnes sont empêchées de connaître la droite vérité, je me suis proposé, pour leur illumination — pour exhorter celles qui sont capables de comprendre et aussi pour la propre satisfaction de mon âme —, d’expliquer notre vraie foi par les témoignages des divines Écritures et par des arguments très véridiques, après avoir invoqué le secours du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Commentaire :
L’auteur, Jean de Lugio de Bergame, évêque cathare italien de l’Église des Albanenses de Concorezzo, indique clairement qu’il intervient pour contrer une propagande inverse qui vient, certes des Catholiques, mais aussi d’une fraction cathare dite mitigée.

Les deux principes.

En l’honneur du Père très saint j’ai voulu commencer mon exposé, concernant les deux principes, en réfutant d’abord la théorie du principe unique, bien que cela aille à l’encontre de ce que pensent presque tous les esprits religieux. Je pose donc tout de suite : ou bien il n’y a qu’un principe principiel[3] (principium principale) ou il y en a plus d’un. S’il n’y en a qu’un, et non plusieurs, comme le soutiennent les ignorants, il faut nécessairement qu’il soit bon ou mauvais. Mais il ne saurait être mauvais, car s’il était tel, il ne procéderait de lui que des maux et non des biens, comme le dit le Christ dans l’évangile de saint Matthieu : « Tout arbre qui est mauvais, porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, ni un mauvais arbre en porter de bons » (Matth., VII, 17-18) ; et saint Jacques, dans son épître : « Une fontaine jette-t-elle, par une même ouverture, de l’eau douce et de l’eau amère ? Mes frères, un figuier peut-il porter des raisins ; ou une vigne, des figues ? Ainsi, nulle fontaine d’eau salée ne peut jeter de l’eau douce » (Jac., III, 11-12).

Commentaire :
Comme nous le verrons tout au long de l’ouvrage l’auteur effectue une analyse philosophique cohérente et systématique. Il fait un peu penser à la maïeutique de Socrate en étudiant chaque point en détail jusqu’à en prouver la fermeté ou l’incohérence. Ici, il utilise à la fois le Nouveau Testament et la Métaphysique de Aristote pour montrer que des causes opposées ne peuvent venir d’un même principe. En effet, par définition — comme le prouve Aristote — un principe ne peut être divisé en lui-même. Donc, il ne peut avoir qu’un genre et être sans cause. Ce qui en découle ne peut avoir que lui comme cause et est donc de même genre. Par conséquent, le bien et le mal étant opposés dans leur genre ne peuvent découler que de deux principes différents et opposés entre eux.

De la bonté de Dieu.

Nos adversaires affirment comme allant de soi, que Dieu est bon, saint, juste et droit et même ils l’appellent Bonté pure, déclarant qu’il est au-dessus de toute louange ; ce qu’ils s’efforcent de prouver par les témoignages suivants et par beaucoup d’autres du même genre. Jésus, fils de Syrach, dit, en effet : « Portez la gloire du Seigneur le plus haut que vous pourrez, elle éclatera encore au-dessus, et sa magnificence ne peut être assez admirée. Vous qui bénissez le Seigneur, relevez sa grandeur le plus haut que vous pourrez : car il est au-dessus de toutes louanges » (Eccli., XLIII, 33, 34). Et David déclare : « Le Seigneur est grand et digne d’être loué infiniment, et sa grandeur n’a point de bornes » (PS. CXLVI, 5). Et Paul dans l’Epître aux Romains : « Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont impénétrables et ses voies incompréhensibles… et cetera (sic)… » (Rom., XI 33).
Et il écrit dans le Livre des causes[4] : « La cause première est au-dessus de tout ce qu’on en peut dire. »

Commentaire :
Comme Socrate, Jean de Lugio feint de donner raison à ses adversaires, mais cela lui servira ensuite à montrer l’incohérence de leur thèse. En effet, si comme à peu près tout le monde s’entend à le dire, Dieu ne peut être Dieu que s’il est à la fois parfait dans le bien et au-dessus de tout ce que l’on peut imaginer comme perfection du Bien. D’ailleurs, cela justifie que l’on emploie pour le désigner la majuscule en le déclarant principe du Bien. Tout amoindrissement en la matière le déchoirait automatiquement de son statut divin. Cela explique aussi que Dieu soit indéfinissable, puisque ce qui le définit nous est inatteignable.

Que Dieu connaît tout de toute éternité.

Ils tirent donc de ces témoignages l’affirmation catégorique que le Seigneur, à cause de la grandeur de sa sagesse, connaît toutes choses de toute éternité ; que le passé, le présent et l’avenir sont toujours sous ses yeux, et qu’il sait, par lui-même, toutes choses avant qu’elles arrivent, comme le dit Suzanne, au livre de Daniel : « Dieu éternel, qui pénétrez ce qui est le plus caché et qui connaissez toutes choses, avant même qu’elles soient faites » (Dan., XIII, 42). Et Jésus, fils de Syrach, nous dit lui aussi : « Car le Seigneur, notre Dieu, connaissait toutes les choses du monde avant qu’il les eût créées, et il les voit de même maintenant qu’il les a faites » (Eccli., XXIII, 29). Et l’Apôtre dit aux Hébreux : « Nulle créature ne lui est cachée : tout est à nu et à découvert devant ses yeux » (Hébr., IV, 13).

Commentaire :
Là encore, le statut divin implique l’omniscience, ce qui fait que rien ne peut échapper à sa sagacité. Donc, rien ne peut le surprendre ou advenir contre ce qu’il sait possible et nécessaire.

De la bonté, de la sainteté et de la justice de Dieu.

Que le Seigneur, notre Dieu, soit bon, saint et juste, comme il vient d’être dit, cela est assez clairement prouvé. David dit en effet : « Que Dieu est bon à Israël ; à ceux qui ont le cœur droit » (PS. LXXII, 1) ; et encore : « Le Seigneur est fidèle dans toutes ses paroles et saint dans toutes ses œuvres » (PS. CXLIX, 13) ; et à nouveau : « Le Seigneur est plein de douceur et de droiture : c’est pour cela qu’il donnera à ceux qui pèchent la loi qu’ils doivent suivre dans la voie » (PS. XXIV, 8). Et à un autre endroit : « Dieu est un juge également juste, fort et patient : se met-il en colère tous les jours ? » (PS. VII, 12). Et l’on trouve écrit au livre de la Sagesse : « Étant donc juste comme vous êtes, vous gouvernez toute chose justement » (Sap., XII, 15).

Commentaire :
Le fait que Dieu est Dieu implique sa perfection en tout, ce que nous appelons sainteté et une bonté telle qu’il est considéré comme parfaitement juste et bon, c’est-à-dire qu’il n’est pas juste au sens commun qui implique le bien et le mal, mais juste au sens où rien ne le pousse à autre chose que le Bien absolu.

De la toute-puissance de Dieu.

Le Seigneur doit donc être considéré, à ce qu’ils disent, comme tout-puissant, et comme faisant ce qu’il veut. Personne ne peut s’opposer à lui et dire : « Pourquoi agissez-vous ainsi ? » L’Ecclésiaste l’affirme : « … Parce qu’il fera tout ce qu’il voudra. Sa parole est pleine de puissance et nul ne peut lui dire : Pourquoi faites-vous ainsi ? » (Eccl, VIII, 3, 4). David le dit également : « Mais notre Dieu est dans le ciel ; et tout ce qu’il a voulu, il l’a fait » (PS. CXIII, 2, 3). Et il est écrit dans l’Apocalypse : « Je suis, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui doit venir, le Tout-Puissant » (Apoc., I, 8). On y lit encore : « Vos œuvres sont grandes et admirables. Seigneur Dieu Tout-Puissant, vos voies sont justes et véritables, ô Roi des siècles. Qui ne vous craindra, Seigneur ? Qui ne glorifiera votre nom ? Car vous seul êtes saint (plein de bonté) » (Apoc., XV, 3-4).

Commentaire :
La perfection absolue de Dieu fait qu’il peut tout ce qu’il veut et veut tout ce qu’il peut. Cela est indissociable sous peine de lui faire perdre son statut divin. Donc, son omnipotence et son omniscience font que rien ne peut échapper à sa sphère dans le cadre de son statut principiel, c’est-à-dire dans le Bien.

Première proposition contre nos adversaires.

Voici ce que j’oppose à la thèse de ceux qui affirment qu’il n’y a qu’un seul principe principiel. Je dis : si Dieu qui est bon, juste, saint, sage et droit, qui est « fidèle en toutes ses paroles et saint en toutes ses œuvres », qui est, en outre, comme on l’a déjà montré, tout-puissant, et qui sait toutes choses avant qu’elles aient eu lieu, a créé et disposé ses anges, dès le commencement, comme il l’a décidé par lui-même, sans rencontrer aucun obstacle venant de quelque existant ; s’il a connu la destination de tous ses anges avant même qu’ils fussent, puisque toutes les causes par lesquelles il fallait qu’ils déchussent et devinssent des maudits, des démons, demeuraient durant tout ce temps — comme le soutiennent presque tous nos adversaires — sous le regard de sa Providence, il s’ensuit nécessairement et sans aucun doute, que jamais ses anges n’ont eu le pouvoir de rester bons, saints et humbles avec leur Seigneur, sinon dans la mesure où l’avait prévu lui-même, dès le commencement, celui entre les mains de qui sont nécessairement toutes choses depuis l’éternité, puisque personne, en présence de ce Dieu qui connaît à fond tous les futurs, ne peut absolument rien faire d’autre que ce qu’il a prévu de toute éternité qu’il ferait. Et je le prouve :

Commentaire :
En définissant Dieu comme principe, Jean de Lugio précise que rien d’existant ne s’oppose à lui. Le Mal n’est donc « existant ». Il précise également que les anges (esprits-saints), émanation de sa nature principielle, n’ont aucun pouvoir à être et agir, de leur volonté propre, différemment de ce qu’il veut

De l’impossibilité.

Je dis, en effet : de même qu’il est impossible que le passé ne soit pas le passé, de même il est impossible que le futur ne soit pas le futur. En Dieu, surtout, qui sait et connaît depuis le commencement ce qui doit arriver, c’est-à-dire : les causes selon lesquelles le futur est « possible » avant d’être existant, il a été, sans aucun doute, nécessaire que l’avenir fût absolument déterminé dans sa pensée, puisqu’il savait et connaissait par lui-même, depuis l’éternité, toutes les causes qui sont nécessaires pour amener le futur à son effet. Et cela d’autant plus que, s’il est vrai qu’il n’y a qu’un principe principiel, Dieu est lui-même la cause suprême de toutes les causes. Et à plus forte raison encore, s’il est vrai que Dieu fait ce qu’il veut et que sa puissance n’est gênée par aucune autre, comme l’affirment les adversaires de la vérité.

Commentaire :
La nature divine empêche d’admettre que quoi que ce soit puisse advenir contre la volonté et à l’insu de Dieu dans le cadre de sa nature principielle.

Et je dis derechef : si Dieu a su parfaitement, dès l’origine, que ses anges deviendraient des démons dans le futur, en raison de l’organisation qu’il leur avait lui-même donnée dans le principe, et parce que toutes les causes par lesquelles il fallait que ces anges devinssent, par la suite, des démons, étaient présentes dans sa Providence ; s’il est vrai, d’autre part, que Dieu n’a pas voulu les créer autrement qu’il ne les a créés, il s’ensuit nécessairement que les anges n’ont jamais pu éviter de devenir des démons. Ils le pouvaient d’autant moins qu’il est impossible que ce que Dieu sait être le futur, puisse, de quelque façon, être changé en ce qui ne serait pas le futur ; et surtout si l’on considère que ce Dieu connaît tout en lui-même, de toute éternité, selon la théorie exposée plus haut.

Comment donc les ignorants peuvent-ils affirmer que les anges susdits auraient pu demeurer toujours bons, saints et humbles en présence de leur Seigneur, puisque cela était absolument impossible, de toute éternité dans la Providence divine ? Ils sont forcés de reconnaître, d’après leur propre thèse, et sur la foi de ces arguments très véridiques, que Dieu, dès l’origine, sciemment et en toute connaissance, a créé et fait ses anges en une imperfection telle qu’ils ne pussent en aucune façon éviter le Mal. Mais alors ce Dieu, dont nous avons dit précédemment qu’il était bon, saint et juste, et supérieur à toute louange (comme on l’a montré plus haut), serait la cause suprême et le principe de tout mal : ce qu’il convient de nier absolument. Par consé­quent, il faut reconnaître l’existence de deux principes : celui du Bien et celui du Mal, ce dernier étant la source (caput) et la cause de l’imperfection des anges comme d’ailleurs de tout le mal.

Commentaire :
Démonstration limpide et imparable. En effet, comment des anges créés dans le Bien auraient-ils pu devenir mauvais s’il n’y avait pas eu dans leur création tous les éléments nécessaires à cette transformation ? Donc, si Dieu avait créé les anges imparfaits afin qu’ils puissent devenir mauvais, cela voudrait dire qu’il avait en lui-même un fond mauvais et que, disposant à la fois du Bien et du Mal, il ne pouvait être un principe mais un composé, ce qui s’oppose formellement à l’hypothèse qu’il soit Dieu. Donc, si l’on rejette cette hypothèse complètement bancale, il convient d’admettre que le Mal provient d’une autre cause principielle. En outre ; Dieu ne peut agir contre le Mal ce qui serait contraire à sa nature, mais ni Dieu, ni le Mal ne peut agir sur le fonds de ce qui relève de l’autre principe.


[1] Un quaternion est un assemblage relié de quatre feuillets. Selon le format du feuillet, par exemple un in-octavo (8 pages par feuillet), la taille du quaternion est différente d’un autre. En l’occurrence, on peut penser que l’ouvrage initial pouvait atteindre 320 pages.
[2] Traduction de René Nelli.
[3] La répétition principe principiel vise à bien préciser qu’il s’agit de la définition du principe selon Aristote.
[4]. Le De causis, prop. 5 (A. Dondaine, op. cit., p. 82, note 6). Cet ouvrage faisait partie des  matériaux utilisés par saint Thomas d’Aquin. On le croyait d’Aristote.

Guilhem de Carcassonne

Catharisme – 2018-2020

Revues catharisme
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2018

Janvier n°1

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Histoire
Annie Cazenave : La société occitane avant 1209 (1e partie)
Spiritualité
Éric Delmas : Pratique méditative des Bons-Chrétiens
Catharisme, pratique de vie
Éric Delmas :
La non-violence est-elle un mythe ?
Catharisme d’aujourd’hui
José Vidal Tolosa : Vous êtes en pays cathare !


Septembre n°3

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Éditorial
Les chemins de traverse
Histoire
Kepa Arburua Olaizola : Et si on parlait de l’après-Catharisme ?
Spiritualité
Éric Delmas : La mondanité
Catharisme, pratique de vie
Gilles-Henri Tardy : La Consolation (1ère partie)
Catharisme d’aujourd’hui
José Vidal : L’Église des Bonshommes

Mai n°2

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Éditorial
L’aventure continue
Histoire
Annie Cazenave : La société occitane avant 1209 (2ndepartie)
Spiritualité
Éric Delmas : L’Esprit et les Cathares
Catharisme, pratique de vie
Pierre Cortinas : Réflexions sur l’Endura
Catharisme d’aujourd’hui
Olivier Pascual : Mon chemin d’espérance

2019

Janvier n°4

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Éditorial
Le négationnisme du Catharisme
Histoire
Roland Poupin : L’hérésie dans l’histoire comme éternité embourbée
Spiritualité
Ruben Sartori : La parabole dite du bon samaritain
Catharisme, pratique de vie
Gilles-Henri Tardy : La Consolation (2e partie)
Catharisme d’aujourd’hui
Éric Delmas : Vivre le Catharisme


Juillet n°6

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Éditorial
L’évolution du catharisme de nos jours
Histoire
Éric Delmas : La préhistoire du catharisme
Spiritualité
Éric Delmas : Glose du Pater d’aujourd’hui (2e partie)
Catharisme d’aujourd’hui
Annie Cazenave : La reine de mai
Michel Jas : Al cap de set cens ans

Avril n°5

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Éditorial
La popularité du catharisme
Histoire
Ruben de Labastide : Les cathares : étymologie
Ruben de Labastide : Dépositions de cathares brûlés
Spiritualité
Éric Delmas : Glose du Pater d’aujourd’hui (1ère partie)
Catharisme d’aujourd’hui
Élysabeth Vonarb Bazerque : Les limites de la pratique spirituelle au sein d’une famille non-concernée
Christine Lany : La môme transparente et l’ours solitaire


Octobre n°7

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Éditorial
Entrer en catharisme
Histoire
Ruben de Labastide : Interrogatoire de l’Inquisition d’Albi
Spiritualité
Éric Delmas : Glose du Pater d’aujourd’hui (3e partie et fin)
Catharisme d’aujourd’hui
Déodat Roché : Le conte du serpent

2020

Janvier n°8

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Éditorial
Pourquoi le catharisme ?
Histoire
Ruben de Labastide : Interrogatoire de l’Inquisition d’Albi (suite et fin)
Spiritualité
Éric Delmas : La foi cathare
Catharisme d’aujourd’hui
Bertran de La Farge : La légende du « Laurier-qui-reverdira »

Juillet n°9

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Éditorial
S’adapter au monde
Histoire
Éric Delmas : Le feu au Moyen Âge : bienfait, juge, malheur
Anonyme : An 1239, le procès des 183 cathares brûlés vifs au Mont Aimé
Spiritualité
Éric Delmas : Jean le baptiste : ange ou démon ?
Éric Delmas : L’ouvrier de la onzième heure
Catharisme d’aujourd’hui
Éric Delmas : Maison cathare, étude financière
Éric Delmas : La retraite spirituelle

Octobre n°10

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Éditorial
Comprendre le catharisme
Histoire
Annie Cazenave : Le catharisme n’existe pas !
Spiritualité
Ruben Sartori : Le rituel du Melhoramentum

L’Evangelion – Wautier

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L’Evangelion

Essai de reconstitution (A. Wautier)

Source : http://misraim3.free.fr/gnosticisme/l_evangelion_marcionite.pdf

Sources* Texte Références aux Évangiles canoniques
 

T. VII, t-2.

Origène,
Com. in Tit. V, 283.

Irénée, Adv. Haer. I, 27,3.

T. VII, 5-7.

T. VII, 9.

T. VII, 13.
Justin, Dial.
CIII, 6.

I

1 – La quinzième année du principat de Tibère,
2 –  Christ, descendu du Ciel, apparut à Capharnaüm.
3 – Ayant pris semblance d’homme, il paraissait âgé de 30 ans.

4 – Accoururent vers lui Caïn et ceux qui lui sont semblables, les sodomites, les égyptiens et autres, tous ceux qui s’étaient rendus coupables d’indignités,
5 – et Christ les sauva.
6- Tous étaient frappés par son enseignement, car sa parole avait de la puissance
7- Mais un démon l’interpella :
8 – « Qu’as-tu à faire avec nous, Jésus ? Tu es venu pour nous perdre.
9 –  Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. »
10 – Christ le réprimanda :
11 – « Passe derrière moi, Satan »

 

Luc III, 1
Luc IV, 31
Luc III, 23

 

 

Luc , IV 32

 

Luc IV, 34

Jean VI, 69
Luc IV, 35
Luc IV, B et Marc VIII, 33

 

Ephrem, Év. concord.
T.VIII, 2.
VIII, 5.

II

1 – Monté à Beth-Saïda,
2- Christ n’y prêcha rien de nouveau.
3 – Alors, des gens lui opposèrent le dicton : Médecin, guéris toi toi-même
4 – Cependant, des démons sortaient des malades auxquels il imposait les mains,

 

Marc VI, 5

Luc IV, 23
Luc IV, 40-41

 

 

 

5- vociférant: “Tu es le fils de Dieu.”

6- Mais ils furent rabroués et reçurent l’ordre de se taire. Marc III, 11-12.

  1. VIII, 9-10. 7- Christ s’étant dirigé vers le désert, il fut retenu par la foule. Luc IV, 42

8- Mais, passant au milieu d’eux, il s’échappa, Luc IV, 30

9- disant: “Il faut que j’annonce à d’autres villes Luc IV, 43

encore le royaume de Dieu.”

  1. IX, 1. 10- Près d’un lac, il appela des pêcheurs. Jean XXI, 4-6

11- Il les fit avancer en eau profonde, et ils

firent une pêche prodigieuse. Luc V, 4-10

12- Alors, il dit à Simon, qui était tombé à genoux :

13- “N’aie crainte. Désormais, tu prendras des hommes.”

  1. IX, 7-10. 14- Christ guérit ensuite un lépreux par une parole. Luc V, 13-14

Ep. 1. 15- Il se prosterna, mais Christ lui ordonna :

16- “Vas, montre toi au prêtre et fais l’offrande que Moise Marc I, 40-44

a prescrite, afin que ceci serve de témoignage.”

  1. X, 1. 17- Il guérit aussi un paralytique. Luc V, 18, 20 & 24.

18-  »Lève toi », lui dit il, « et emporte ton grabat. » Marc II, 3-5 & 11

  1. XI, 5. 19- Comme on comparait les disciples de Christ Luc V, 33.

à ceux de Jean, qui jeûnaient et priaient,

20- il dit :

« Le médecin est nécessaire, non à ceux qui Luc V, 27-31.

sont sains, mais aux malades.

  1. XI, 9. 21- « On ne recoud pas une pièce neuve à un vieux vêtement. Luc V, 36-39.

Ad. II, 16. 22- 0n ne met pas non plus du vin nouveau

dans de vieilles outres, sinon les outres se rompent

et le vin se répand.

23- Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves,

et les deux se conservent. »

  1. XII, 11. 24- Un jour de sabbat, Christ ayant guéri un homme dont la Luc VI, 6-9.

main était desséchée, des pharisiens s’offusquèrent.

25- Christ leur demanda : « Est il permis, oui ou non, le jour du sabbat,

de faire du bien ou de sauver des âmes ? “

 

III –

 

  1. XIII, 1. 1- Un soir, Christ gravit une montagne, Luc VI, 12.

2- et il y passa la nuit en prière, que son Père écouta.

  1. XIII, 4. 3- Après quoi il en élut douze parmi ses disciples Luc VI, 13.

4- et il changea le nom de Simon en Pierre. Jean I, 42.

Ep. 4. 5- Descendant avec eux, il rencontra une foule Luc VI, 17.

venant des rivages de Tyr et d’autres villes, même

  1. XIII, 6. d’au-delà des mers, (v. aussi:

6- et chacun dans cette foule cherchait à le toucher. Mat. IV, 25)

Ep. 5. 7- Alors, levant ses yeux sur eux, Christ leur dit :

  1. XIV, 1. 8- « Heureux êtes vous, mendiants, car le royaume Luc VI, 20.

de Dieu est pour vous.

  1. XIV, 9-11 9- « Heureux ceux qui ont faim, car ils seront rassasiés. Luc VI, 21.

10- « Heureux ceux qui pleurent, car ils riront.

  1. XIV, 14. 11- « Heureux serez vous quand les hommes vous Luc VI, 22-23

haïront, vous insulteront et maudiront votre nom

parce que coupables à cause du Fils de l’Homme .

Ep. 6. 12- Car c’est bien de la sorte que vos pères ont traité les prophètes.

  1. XV, 3-9. 13- « Mais malheur à vous, les riches, car vous Luc VI, 24.

avez déjà reçu votre consolation.

  1. XV, 13. 14- « Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ; Luc VI, 25.

15- à vous qui riez, car vous pleurerez.

  1. XV, 14. 16- « Malheur à vous quand les hommes vous loueront, Luc VI, 26.

17- car leurs pères faisaient de même envers

les faux prophètes.

  1. XVI, 1. 18- Et je vous le dis, à vous qui m’écoutez, Luc VI, 27-28

aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous haïssent

et priez pour ceux qui vous calomnient.

  1. XVI, 2. 19- « Ne demandez pas réparation de l’offense, œil Mat. V, 38-40.

Ad. I, 12. pour œil, dent pour dent;

20- mais quand on vous frappe sur la joue, tendez l’autre joue, Luc VI 29.

21- et si l’on vous prend votre manteau, offrez aussi votre tunique.

  1. XVI, 8-13. 22- « Donnez à qui vous demande, Luc VI, 30-32.

23- et ce que vous voudriez que d’autres vous fassent, Mat. VII, 12.

faites le leur à eux.

24- « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré Mat. V, 46.

vous en saura-t-on ?

25- Car même les païens aiment ceux qui les aiment …

  1. XVII, 1. 26- « Si vous prêtez à ceux de qui vous espérez le remboursement Luc VI, 34.

de votre argent, quel mérite en aurez vous ?

  1. XVII, 5-8. 27- « Soyez miséricordieux comme votre Père a été Luc VI, 35-36,

miséricordieux envers vous, et vous serez les fils du Dieu très-haut,

28- car lui aussi est bon pour les ingrats et pour les méchants.

  1. XVII, 9. 29- « Ne jugez point, afin de ne pas être jugés ; Luc VI,37-38.

ne condamnez pas, afin de ne pas être condamnés ; (V. aussi

Jean III,17-18).

30- pardonnez et il vous sera pardonné; donnez et il vous sera donné.

31- On versera dans votre sac une bonne mesure, bien pesée et

débordante. Dans la mesure où vous aurez mesuré, dans cette

même mesure on vous donnera en retour. »

  1. XVII, 11. 32- Il dit encore: « L’aveugle porte l’aveugle dans la fosse. Luc VI, 39-40.

33- Mais le disciple n’est pas au dessus du maître. Jean XIII, 16

& XV, 20.

  1. XVII, 12. 34- « Ôte la poutre qu’il y a dans ton œil avant Luc VI, 41-42.

de critiquer la paille qu’il y a dans l’œil d’un autre.

Ad. I, 28. 35- « Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits. Luc VI, 43-45.

36- L’homme bon, du trésor de son coeur, tire ce qui est bon,

mais le mauvais n’en tire que du mauvais.

  1. XVII, 13. 37- « Pourquoi m’appelez vous Seigneur, Seigneur, Luc VI, 46.

et ne faites vous pas ce que je dis ?  »

  1. XVIII, 1. 38- Il guérit le serviteur d’un centurion, Luc VII, 2-1r

39- qui lui avait fait dire par des amis : « Seigneur, ne te

Ep. 7. dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu

viennes sous mon toit,

40- mais dis seulement une parole et mon serviteur sera sauvé. »

41- Alors Christ s’exclama : « Vraiment, je vous le dis, jamais, non,

je n’ai trouvé pareille foi en Israël.”

42- Et, rentrés à la maison, les envoyés trouvèrent le serviteur

en bonne santé.

  1. XVIII, 2. 43- Puis, Christ ressuscita le fils d’une veuve. Luc VII, 12-15
  2. XVIII, 3. 44- Alors, les assistants se dirent: « Un grand prophète Luc VII, 16.

a surgi parmi nous et Dieu a regardé son peuple… »

 

IV

 

  1. XVIII, 4. 1 Cependant, Jean s’alarma d’entendre parler Mat. XI, 2.

des œuvres de Christ (cf. Luc IX, 7)

2 comme si elles étaient le fait d’un autre Dieu.

  1. XVIII, 5. 3 Dans ce trouble, il fit demander à Christ : Luc VII, 19

4 « Es tu celui qui doit venir ou bien devons nous & Mat. XI, 3

en attendre un autre ? “

Ep. 8. 5 « Heureux, dit Christ, celui qui ne se scandalise pas à cause de moi ». Luc VII, 23-24

  1. XVIII, 7-8. 6 Et, comme tous couraient au désert pour voir Jean au lieu de Christ,

7 il dit :

« Qui donc êtes vous allés voir au désert ? Luc VII, 27.

Ep. 9. 8 « C’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager

devant ta face afin qu’il prépare ton chemin.

9 « Jean est certes le plus grand parmi tous ceux qui sont nés d’une femme Luc VII, 28.

10 mais il est plus petit que le plus petit dans le royaume de Dieu. »

Ep. 10-11. 11 Plus tard étant entré chez un pharisien qui l’avait invité, Luc VII, 36-38

  1. XVIII, 9. Christ s’y reposait.

12 Vint une pécheresse, qui lui baisa les pieds,

les inondant de ses larmes, les oignant d’un onguent,

les essuyant de ses cheveux et les embrassant.

13 Il lui dit: « Va, ta foi t’a sauvée. » Luc VII, 50.

  1. XIX, 2. 14 Et, parlant en paraboles, il déclara : Luc VIII, 8-1

« Que celui qui a des oreilles entende. Vous

écoutez avec vos oreilles, mais vous ne comprenez pas.

  1. XIX, 5. 15  »On ne cache pas, d’habitude, la lampe sous Luc VIII, 16-17

le boisseau.

16 Tout ce qui était caché sera révélé.

  1. XIX, 3-4. 17 « Prenez donc garde à la façon dont vous écoutez ! Luc VIII, 18.

18 Car on donnera à celui qui a, mais à celui

qui n’a rien, on lui ôtera même ce qu’il croit avoir. »

  1. XIX, 1. 19 Des femmes riches suivaient Christ et l’aidaient matériellement. Luc VIII; `1

Parmi elles, il y avait la femme de l’intendant du roi.

  1. XIX, 6-11. 20 Pour savoir s’il avait eu une naissance, on lui tendit un piège.

21 On lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. » Luc VIII, 20-21.

Ep. 12 22 Mais il répondit : « Qui est ma mère et qui sont mes frères ? (v. aussi

23 Ce sont ceux qui écoutent mes paroles et qui les mettent en pratique.” Marc III, 33

  1. XX, 1. 24 Puis il dit: « Passons sur l’autre rive. » Luc VIII, 22-25.

25 Tandis qu’ils naviguaient, il s’endormit.

26 Alors s’éleva une forte tempête.

Ep. 13. 27 On le réveilla, il se leva et il apaisa le vent et le tumulte des flots.

28 Et ses disciples se dirent : « Qui est donc celui-là

qui commande au vent et à la mer ?  »

  1. XX, 4. 29 Un jour, Christ demanda: « Quel est ton nom ? » à un chef de démons, Luc VIII, 30-32

Ad. I, 17. 30 qui lui répondit :

« Légion » et le supplia de ne pas lui ordonner

de s’en aller dans les abysses.

31 Christ y consentit.

  1. XX, B-9. 32 Comme il passait à travers une foule qui se pressait autour de lui, Luc VIII, 42-48

Ep. 14. une femme hémorroïsse le toucha.

33 Christ dit: « Qui m’a touché ? » Comme tous s’en défendaient, il insista:

« Quelqu’un m’a touché : J’ai senti une force qui sortait de moi. »

34 La femme se jeta alors à ses pieds et elle raconta pourquoi elle l’avait

touché et qu’elle avait aussitôt été guérie.

35 Il lui dit alors: « Ta foi t’a sauvée, fille! Va en paix. »

 

– VI –

 

XXI, 1. 1 Plus tard, il donna aux douze le pouvoir de Luc IX, 1-5

chasser les démons et de guérir les malades.

2 Et il les envoya prêcher le règne de Dieu et convertir.

3 Il leur Interdit d’emporter ni nourriture, ni vêtements de rechange,

4 leur prescrivant de recourir à l’hospitalité et de secouer

la poussière de leurs souliers sur ceux qui ne

les auraient pas reçus, en témoignage contre eux.

  1. XXI, 3. 5 Plus tard encore, Christ nourrit le peuple Luc IX, 12-1

Ad. II, 20. dans le désert Avec cinq pains et deux poissons,

Ep. 15. 6 sur lesquels, aprÈs avoir levé les yeux au ciel,

il avait prononcé une bénédiction.

  1. XXI, 2. 7 Cependant, beaucoup de gens vinrent dire à Luc IX, 7-B

Hérode que Christ était Jean ressuscité Marc VI, 14-15

d’entre les morts,

8 mais d’autres disaient qu’il était Elie,

d’autres encore l’un des anciens prophètes.

  1. XXI, 6. 9 Alors, Christ demanda à Pierre qui il lui semblait être. Luc IX, 20

10 Pierre répondit: « Tu es le Messie. » Marc VIII, 29.

  1. XXI, 7. 11 Mais Christ ne voulut pas que cette erreur fût divulguée. Luc IX, 21-22.

Ep. 16.

12 Il expliqua qu’il fallait que le Fils de l’Homme souffre beaucoup,

13 qu’il soit rejeté par les anciens, les scribes, les prêtres;

14 qu’il soit exécuté et qu’après trois jours, il ressuscite.

  1. XXI, 9. 15 Et Christ dit encore: « Qui voudra sauver sa vie la perdra, Luc IX, 24.

mais qui l’aura perdue pour moi la sauvera.

16 « Car celui qui aura honte de moi, moi aussi j’aurai honte de lui. »

Ep. 17. 17 Un jour, Christ et trois de ses disciples gravirent une montagne. Luc IX, 28-33.

  1. XXII, 1-4. 18 soudain, les vêtements de Christ se mirent à resplendir.

19 Et voilà qu’apparurent deux hommes, avec qui il parla face à face.

20 Simon Pierre crut que c’étaient Moïse et Elie venus en gloire;

Il dit: « Il nous est bon d’être ici: faisons trois tentes,

une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie.

 » Mais il ne savait pas bien ce qu’il disait.

Ep. 18. 21 Or, de la nue sortit une voix : « Celui-ci est mon fils bien-aimé. » Luc IX, 35.

Ep. 19. 22 Le lendemain, le père d’un garçon démoniaque Luc IX,38-40

se présenta devant Christ,

23 lui déclarant: « j’ai prié tes disciples d’expulser l’esprit,

mais ils n’y sont pas arrivés. »

  1. XXIII, 1-2. 24 En réponse, Christ leur dit: « Engeance in crédule et perverse, Luc IX, 41~

jusques à quand serai-je avec vous Marc IX, 15.

et devrai-je vous supporter ?  »

25 Et, quand l’enfant approcha, le démon le jeta à terre. Luc IX, 42

26 Mais Christ le menaça, il guérit l’enfant et le rendit à son père.

  1. VII, 5. 27 Un autre jour, une syrophénicienne le supplia Marc VII,

d’expulser un esprit impur qui possédait sa fille.

27 Il déclara d’abord: « je n’ai été envoyé que Mat. XV, 24 & 26

pour les brebis perdues de la maison dlIsraël.

27 Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour

le donner aux chiens. »

30 Mais elle répliqua : « Pitié, seigneur! même les Marc Marc,VII, 28-29.

chiots sous la table mangent les miettes des enfants.

27 Alors, à cause de cette parole, Christ fit sortir le démon

de sa fille.

  1. XXIII, 4. 32 Car Christ aimait les petits et il enseignait qu’il faut Luc IX, 47-48.

ressembler aux enfants pour etre toujours plus parfait.

 

– VI –

 

  1. XXIII, 7. 1 Le temps étant venu, Christ partit pour Jérusalem Luc IX, 51-55

en passant par la Samarie.

2 Un village refusant de le recevoir avec ses disciples,

ceux-ci lui proposèrent de punir ce village.

3 Mais Christ les réprimanda, disant:

« Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes.

4 Le Fils de Dieu n’est pas venu détruire des vies d’hommes,

mais en sauver . “

  1. XXIII, 9. 5 Comme ils continuaient leur route, quelqu’un dit à Christ en chemin : Luc IX, 57-58

6  »Je te suivrai partout où tu iras. »

7 Mais Christ, le jugeant orgueilleux ou hypocrite, refusa.

  1. XXIII, 10. 8 A un autre, il dit: « Suis moi. » Luc IX, 59-60

8 Celui-ci répondit: « Permets moi d’aller d’abord enterrer mon père.”

10 Christ lui répliqua: « Laisse les morts ensevelir leurs morts.

11 Mais toi, va-t-en annoncer le règne de Dieu. »

  1. XXIII, 11. 12 Un troisième lui dit: « ~e te suivrai, seigneur, Luc IX, 61- 62.

mais permets moi de prendre d’abord congé des miens. »

13 Il lui interdit de retourner: « Personne qui regarde en arrière

n’est digne du règne de Dieu », dit il.

Ep. 21. 14 Un jour de sabbat, alors que ses disciples Luc VI, 1-S.

traversaient un champ de blé, arrachant des épis,

les froissant entre leurs mains et les mangeant ,

15 des pharisiens les accusèrent de faire ce qui n’est

pas permis pendant le sabbat.

16 Christ leur répondit:

« Vous n’avez donc pas lu ce que firent David et ses

compagnons lorsqu’ils eurent faim: ils entrèrent dans

la maison de Dieu, prirent les pains de proposition

et en mangèrent.

17 Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme Marc II, 27-2~.

pour le sabbat. Et Dieu est maître du sabbat. »

  1. XXIV, 1. 18 Christ choisit encore soixante-dix missionnaires Luc X, 1

Ad. I, 5. en plus des douze.

  1. XXIV, 2-4. 19 Et il les envoya prendre la route au-devant de lui, Luc X, 1-8.

20 mais il leur interdit de prendre même un bâton avec eux.

21 ll leur défendit jusqu’au port de chaussures.

22 « Ne saluez personne sur la route », dit il.

23 Mais il leur ordonna de souhaiter la paix à la maison où ils

seraient entrés et, là où on les accueillerait,

de manger et de boire ce qui leur serait servi :

24 « Car l’ouvrier mérite de recevoir son salaire. »

  1. XXIU, 6. 25 Et il leur prescrivit d’annoncer que le règne de Dieu était proche. Luc X, 9.
  2. XXIV, 7-8 26 Il ajouta: « Dans toute ville où l’on ne vous accueillera pas, Luc X, 10-11

dites : Sachez pourtant que le règne de Dieu est tout proche.

27 Il leur recommanda aussi de secouer la poussière de leurs pieds

en témoignage que les apôtres avaient repoussé la terre

qui leur appartenait :

28 « Car qui vous méprisera, me méprisera et qui me méprise, Luc X, 16

méprise aussi celui qui m’a envoyé.

  1. XXIV, 9. 29 Qui donc vous donnerait le pouvoir de soumettrs et de Luc X, 19.

fouler aux pieds les serpents et les scorpions ? “

  1. XXU, 1. 30 Christ alors tressaillit de jie et dit: « je te rends grâce, Luc X, 21

Ep. 22. Seigneur du Ciel, de ce que ces choses aient été

cachées aux sages et aux prudents, et qu’elles aient

été révélées à mes enfants. »

  1. XXV, 5-7. 31 Puis il précisa qu’il était venu éclairer les gens, toute chose Luc X, 22

lui ayant été confiée par le Père.

  1. XXV, 1~. 32 ”Mais personne ne sait qui est le Père, sinon le Fils,

33 et personne ne sait qui est le Fils, sinon le Père », ajouta-t-il.

T.XXV, 12. 34 Christ dit encore aux disciples : « Heureux les Luc X, 23-24

yeux qui voient ce que vous voyez. Je vous dis que

les prophètes n’ont pas vu ce que vous voyez. »

  1. XXV, 15. 35 Un docteur de la Loi, s’adressant à lui, lui demanda : Luc X, 25-28.

« que faut il que je fasse pour que je vive ? »

Ep. 23. 36 Christ dit à ce docteur: « qu’est-il écrit dans la Loi ? »

37 Il répondit: « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de

toute ton âme, de tout ton coeur et de toutes tes forces,

et tu aimeras ton prochain comme toi-même.

38 Christ lui dit alors: « Tu as bien répondu. Fais cela, et tu vivras. »

  1. XXV, 17. 39 Un autre homme encore lui demanda ce qu’il devait

faire pour avoir une vie longue.

40 Il lui répondit de même de se conformer à la Loi.

 

– VII –

 

  1. XXVI, 1-5. 1 S’adressant à Christ, un des disciples lui dit : »Enseigne nous

à prier, comme Jean l’a snseigné à ses disciples. » Luc XI, 1

2 Comme il pensait qu’il fallait prier autrement un autre Dieu,

3 Christ leur dit : « quand cous prierez, dites : Luc XI, 2-4.

4 Père, que ton esprit saint soit sur nous et nous purifie;

5 que vienne ton règne;

6 donne nous chaque jour ton pain surnaturel;

7 remets nous nos péchés

8 comme nous remettons aussi à nos débiteurs,

9 et ne nous laisse pas succomber à la tentation. »

  1. XXVI, 8-9 10 Il leur dit encore: « Si quelqu’un vient au milieu Luc XI, 5-10

Ep. 24. de la nuit heurter à la porte d’un ami pour lui demander

du pain, il se lèvera, même s’il était au lit avec ses

jeunes enfants, et il lui donnera comme si c’ était à un

blessé, ami ou non.

11 Demandez donc et vous recevrez.

  1. XXVI, 10. 12 « Lequel d’entre vous, si son fils lui demande du Luc XI, 11-13

Ad. II, 20. pain, ne lui en donnera pas ?

13 Ou, s’il demande un poisson, lui donnera un serpent,

ou un scorpion au lieu d’un oeuf ?

14 Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez

donner de bonnes choses à vos enfants, l’esprit saint

sera donné par le Père à qui l’en prie. »

  1. XXVI, 11. 15 Il expulsa un démon sourd. Certains dirent qu’il Luc XI, 14-20

chassait les démons par Béelzéboul.

16 Il répliqua : « Si je chasse les démons par Béelzéboul,

au nom de qui vos fils les chasseront ils?

17 Mais si je chasse les démons avec le doigt de Dieu,

n’est-ce pas que le règne de Dieu s’est approché de vous ?

  1. XXVI, 12. 18 « Quand un homme fort et bien armé garde son Luc XI, 21-22.

palais, ce qui est à lui est en sûreté.

19 Mais que survienne quelqu’un d’encore plus fort que lui qui

le domine, il lui enlève tout l’arsenal auqusl il s’était fié et

distribue ses dépouilles.

20 Ainsi Béelzéboul ou Satan, dont il vient d’être question,

a été dominé par un Dieu plus fort que lui. »

  1. XXVI, 13. 21 Alors, une femme s’exclama dans la foule : Luc XI, 27-28

“Heureux le ventre qui t’a porté et le sein qui t’a nourri.

22 Mais Christ répondit: « Heureux plutôt ceux qui écoutent les paroles

de Dieu et qui les mettent en pratique. »

  1. XXVII, 1. 22 On lui demanda un signe, Jean VI, 30

et Luc XI, 16.

Ep. 25. 24 mais il le refusa:

« Cette génération est mauvaise”, dit-il, Marc VIII, 11-12.

25 « Elle veut un signe, mais il ne lui sera donné aucun signe.

26 « Personne ne cache une lampe allumée, elle doit être placée Luc XI, 33.

sur un lampadaire afin d’éclairer tout le monde… »

T.XXVII, 2. 27 Un pharisien qui l’avait invité à dîner s’étonna qu’il n’ait pas Luc XI, 37-40.

pris un bain avant le repas, comme le prescrivait la Loi.

28 Christ lui répondit:

« Malheur à vous, qui lavez l’extérieur de la coupe et

des plats, mais qui, plein en vous-mêmes d’avarice et de

méchanceté, ne vous êtes pas nettoyés à l’intérieur !”

  1. XXVII, 3. 29 Donnez donc en aumônes tout ce que vous Luc XI, 41

possédez et tout, pour vous, sera pur.

  1. XXVII, 4. 30 « Vous acquittez la d~me des légumes, mais Luc XI, 42-43.

Ep. 26. vous ignorez l’appel de Dieu et son amour.

  1. XXVII, 5. 31 ”Malheur à ceux qui réclament les premières Luc XIV, 7-11

places et qui veulent être salués.

  1. XXVII, 6-8. 32 ”Malheur à vous aussi, légistes, qui chargez les autres

de fardeaux trop lourds, alors que vous-mêmes Luc XI, 46

n’y mettez même pas le doigt.

Ep. 27. 33 ”Malheur à vous qui bâtissez des sépultures Luc XI, 47

aux prophètes que vos pères ont tué…

  1. XXVII, 9. 34 ”Malheur à vous, légistes, qui détenez les clés de la connaissance! Luc XI, 52.

35 Vous n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer,

vous les en avez empêchés !”

  1. XXVII, 10. 36 Mais Christ ne tonnait ces malédictions que pour blamer le Créateur,

cruel au point de naudire ceux qui pêchaient contre lui.

  1. XXVIII, 1-2. 37 Gardez-vous du levain des pharisiens, c’est Marc VIII, 15

l’hypocrisie », dit-il encore, et il aJouta:

38 “Rien n’est voilé qui ne doive etre découvert Luc XII, 2

39 Et rien n’est caché qui ne doive être révélé. »

  1. XXVIII, 3. 40 Puis il dit à ses disciples: “Je vous le dis, à vous qui êtes mes Luc XII, 4-5.

Ep. 29. amis, ne craignez point ceux qui peuvent seuIement

vous occire et puis n’ont plus aucun pouvoir sur vous.

41 Mais je vais vous faire voir qui vous devez craindre:

craignez celui qui, après vous avoir fait mourir,

a le pouvoir de vous jeter dans la gehenne;

oui, je vous le dis, craignez celui-là…

  1. XXVIII, 4. 42 “Quiconque sa réclamera de moi devant les hommes,

Ep. 30. je me réclamerai de lui devant Dieu,

43 mais celui qui m’aura renié devant les hommes Luc XII, 8-9

sera renie par moi devant Dieu.

  1. XXVIII, 6. 44 “Celui qui aura parlé contre le fils de l’Homme, ll lui sera pardonné, Luc XII, 10

45 mais celui qui aura parlé contre le saint esprit,

cela ne lui sera pas pardonné.

  1. XXVIII, B. 46 “Quand vous serez traînés devant les autorités, Luc XII, 11

ne vous préoccupez pas de ce qu’il vous faudra répondre:

47 car le saint esprit vous apprendra au moment même ce

qu’il convient de dire.”

  1. XXVIII, 9-10. 48 A quelqu’un qui lui demandait d’intervenir pour trancher un litige Luc XII, 13-14

entre lui et son frère à propos du partage d’un héritage,

49 Christ répondit: “ homme, qui donc a fait de moi quelqu’un qui

partage? Qui donc m’a placé comme juge au desus de vous ?  »

  1. XXIX, 1-4. 50 Christ conseillait aussi de ne pas s’inquiéter Luc XII, 22-3

de la nourriture et du vetement:

Ep. 32. 51 “Toutes ces choses, toutes les gens du monde les recherchent”,

Ep. 33 disait-il, “ mais votre Père sait que vous en avez besoin.

52 Appelez donc le règne de Dieu et toutes ces choses vous

seront données par surcroît.

Ep. 34. 53 “Ne crains rien, petit troupeau, car il a plu au Père Luc XII, 32

Clém. d’Alex. de vous donner son royaume:

54 le Créateur est avec le plus grand nombre,

Stromates III, mais le Seuveur, fils du Dieu bon, est avec ses élus.

x, 69.

  1. XXIX, 6. 55 « Gardez votre ceinture et laissez allumées vos lampes comme Luc XII, 35-37

des serviteurs qui attendent leur maître au retour ds ses noces.

Ep. 35. 56 S’il arrive le soir et trouve tout préparé, heureux seront-ils. Luc XII, 38

  1. XXIX, 7. 57 “Si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur Luc XII, 39-40

viendrait, il n’aurait pas laissé percer les murs de sa maison…”

(A suivre……)

  1. XXIX, 9-11. 58 Pierre lui aysnt demandé si cette parabole Luc XII, 41-4

Ep. 36. était destinée sux disciples ou à tous,

59 Christ répondit: « Qui donc est l’intendant fidèle et avisé

que le maître établira sur ses gens pour leur donner

au moment voulu leur ration de blé ?

60 Heureux ce serviteur si son maître, à son arrivée, le trouve

ainsi occupé.

61 Mais si, profitant de l’absence de son maître, le serviteur se

met à battre ses gens et ses servantes, à ce goberger

et à s’enivrer,

62 le maître viendra alors qu’il ne l’attendait pas; il se séparera de

lui et ne lui donnera sa part qu’avec répugnance.

63 Car le serviteur expérimenté qui n’aura rien fait recevra beaucoup

de coups; mais celui qui est inexpérimenté, s’il a mérité des

coups, en recevra peu.

64 Et de celui à qui l’on aura donné beaucoup, il sera bsaucoup

 

* Abréviations :

  1. = Tertullien, Adversus Marcionem, IVe partie.

Ad. = Adamantios, Dialogues.

Ep. = Epiphane. Scolies, dans Panarion XLII, 11.

Rituel occitan de Lyon : La Consolation aux mourants

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament de Lyon publié chez Slatkine reprints à Genève à partir du document original de M. L. Clédat, Professeur à la Faculté des Lettres de Lyon.
Le seul original connu est actuellement la propriété de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon qui l’a indexé dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Palais Saint-Pierre sous la côte n°36.
D’après les travaux de Anne Brenon, David Sbiral et leur équipe, cet ouvrage pourrait être daté de la fin du XIIIe siècle et aurait été rédigé en Italie du nord. Ce faisant, il se pourrait qu’il ait été la propriété de Peire Autié ou d’un de ses prédicateurs.

Consolation aux mourants

Présentation

Un peu comme cela est le cas avec les derniers sacrements catholiques, la Consolation au mourant veut mettre ce dernier en état d’être accessible au salut. Cependant, c’est au malade de faire ce qu’il doit pour en être digne. Le sacrement n’est pas suffisant en lui-même.

Rituel

« Si les chrétiens auxquels le service de l’église est confié reçoivent un message d’un croyant malade, ils doivent y aller, et ils doivent lui demander en confidence comment il s’est conduit vis à vis de l’église depuis qu’il a reçu la foi, et s’il est en quoi que ce soit endetté vis à vis de l’église, ou s’il lui a causé du dommage. Et s’il doit quelque chose et qu’il puisse le payer, il doit le faire. Et s’il ne veut pas le faire, il ne doit pas être reçu. Car si l’on prie Dieu pour un homme coupable ou déloyal, cette prière ne peut profiter. Mais s’il ne peut payer, il ne doit pas être repoussé. »

Mon analyse :
Encore une fois, on le voit, l’engagement des Bons-Chrétiens envers l’Église et l’engagement de l’Église envers les croyants n’est pas une façade. Il est profond et ne souffre pas de dérogation. Les Bons-Chrétiens prenaient tous les risques pour se rapprocher des croyants demandant leur aide. Les Cathares insistaient sur la nécessaire validité de l’officiant et la pureté du récipiendaire pour que le sacrement soit valide. Si l’Église est stricte dans l’exigence du règlement des dettes ou des offenses, elle demeure bienveillante vis-à-vis des faibles.

« Et les chrétiens doivent lui montrer l’abstinence et les coutumes de l’église. Et puis ils doivent lui demander, pour le cas où il serait reçu, s’il a l’intention de les observer. Et il ne doit pas le promettre s’il n’en a pas bien fermement l’intention. Car Saint Jean dit que la part des menteurs sera dans un étang de feu et de soufre[1] (Apoc. XXI, 8). Et s’il dit qu’il ne se sent pas assez ferme pour souffrir toute cette abstinence, et si les chrétiens sont d’accord pour le recevoir, ils doivent lui imposer l’abstinence de telle façon qu’ils lui demandent s’il se propose de se garder de mentir et de jurer et d’enfreindre les autres défenses de Dieu, et [s’il se propose] d’observer les coutumes de l’église et les commandements de Dieu, et de tenir son cœur et ses biens, tels qu’il les a ou qu’il les aura dans l’avenir, au gré de Dieu et de l’église et au service des chrétiens et des chrétiennes, toujours dorénavant tant qu’il pourra. Et s’il dit que oui, ils doivent répondre : « Nous vous imposons cette abstinence pour que vous la receviez de Dieu et de nous et de l’église, et que vous l’observiez tant que vous vivrez ; car si vous l’observez bien, avec les autres que vous avez à faire, nous avons l’espérance que votre âme aura la vie. » Et il doit dire : « Je la reçois de Dieu et de vous et de l’église. »

Mon analyse :
Faute de pouvoir assurer un vrai noviciat, les Bons-Chrétiens essaient d’amener le croyant mourant à atteindre l’état de renoncement au monde nécessaire à la transmission de l’Oraison dominicale et au sacrement de la Consolation.

« Et puis ils lui demander s’il veut recevoir l’oraison. Et s’il dit que oui, qu’ils le revêtent de chemise et de braies, si faire se peut, et qu’ils le fassent tenir sur son séant, s’il peut lever les mains. Et qu’ils mettent une nappe ou un autre drap devant lui sur le lit. Et sur ce drap qu’ils mettent le livre, et qu’ils disent une fois Benedicite, et trois fois Adoremus patrem et filium et spiritum sanctum. Et il doit prendre le livre de la main de l’ancien. Et puis, s’il peut attendre, celui qui conduit le service doit l’admonester et le prêcher avec témoignages convenables. Et puis il doit lui demander, à propos de la promesse qu’il a faite, s’il a l’intention de l’observer et de la tenir comme il l’a faite. Et s’il dit que oui, qu’ils la lui fassent confirmer. »

Mon analyse :
Là encore, le manque de temps et des capacités du malade à respecter les règles précises autorise des adaptations mais cela n’empêche d’essayer de faire au mieux. Pour les Bons-Chrétiens et les croyants, même administré à un mourant le sacrement peut aider à son salut, c’est pourquoi il ne faut pas que de leur faute, il puise s’avérer invalide.

« Et puis ils doivent lui passer l’oraison, et il doit la suivre. Et puis que l’ancien lui dise : « C’est l’oraison que Jésus-Christ a apportée dans ce monde, et il l’a enseignée aux « bons hommes. Et que jamais vous ne mangiez ni ne buviez aucune chose, que vous ne disiez premièrement cette oraison. Et si vous y apportiez de la négligence, il faudrait que vous en portassiez pénitence. » Il doit dire : « Je la reçois de Dieu et de vous et de l’église. » Et puis qu’ils le saluent comme une femme. Et puis ils doivent prier Dieu avec « double » et avec veniæ, et puis ils doivent remettre le livre devant lui. Et puis il doit dire trois fois : Adoremus patrem et filium et spiritum sanctum. Et puis qu’il prenne le livre de la main de l’ancien, et l’ancien doit l’admonester avec témoignages et avec telles paroles qui conviennent au consolamentum. Et puis l’ancien doit lui demander s’il a l’intention de tenir et d’observer la promesse comme il l’a faite et qu’il la lui fasse confirmer. »

Mon analyse :
J’avoue qu’il y a là une phrase qui me pose problème. Que veut dire l’auteur en précisant que le mourant — donc a priori un homme — doit être salué comme une femme ? Est-ce à dire qu’il doit y avoir de la distance entre la main de l’officiant et la tête du récipiendaire, même couverte du Livre ? Je ne peux l’affirmer.

« Puis l’ancien doit prendre le livre, et le malade doit s’incliner et dire : « Parcite nobis. Pour tous les péchés que j’ai faits ou dits ou pensés, je demande pardon à Dieu et à l’église et à vous tous. » Et les chrétiens doivent dire : « Par Dieu et par nous et par l’église qu’ils vous soient pardonnés, et nous prions Dieu qu’il vous les pardonne. » Et puis ils doivent le consoler en lui posant les mains et le livre sur la tête, et dire : Benedicite parcite nobis, amen ; fiat nobis secundum verbum tuum. Pater et filius et spiritus sanctus parcat vobis omnia peccata vestra. Adoremus patrem et filium et spiritum sanctum trois fois, et puis : Pater sancte, suscipe servum tuum in tua justitia, et mitte gratiam tuam et spiritum sanctum tuum super eum. Et si c’est une femme, ils doivent dire : Pater sancte suscipe ancillam tuam in tua justitia, et mitte gratiam tuam et spiritum sanctum tuum super eam. Et puis qu’ils prient Dieu avec l’oraison, et ils doivent dire à voix basse la « sixaine ». Et quand la « sixaine » sera dite, ils doivent dire trois fois : Adoremus patrem et filium et spiritum sanctum, et l’oraison une fois à haute voix, et puis l’évangile. Et quand l’évangile est dit, ils doivent dire trois fois : Adoremus patrem et filium et spiritum sanctum, et l’oraison une fois à haute voix. Et puis qu’ils la saluent comme un homme. Et puis ils doivent faire la paix (s’embrasser) entre eux et avec le livre. Et s’il y a des croyants ou des croyantes, qu’ils fassent la paix. Et puis les chrétiens doivent demander le salut[2] et le rendre. »

Mon analyse :
La Consolation se déroule normalement avec une légère variante selon le sexe du récipiendaire. Ensuite, vient une nouvelle fois une phrase énigmatique : « Et puis qu’ils la saluent comme un homme ». S’agit-il d’une coquille typographie ? Cela serait logique car l’idée de saluer d’abord comme une femme, puis ensuite comme un homme montrerait une conception de progression pour l’époque. Mais saluer une femme comme un homme, est impossible dans le respect de la règle de non contact physique entre un Bon-Chrétien et une personne du sexe opposé. D’ailleurs, le Caretas qui suit rappelle bien cette règle puisqu’il se pratique soit en direct, soit avec le Livre.

« Et si le malade meurt et leur laisse ou leur donne quelque chose, ils ne doivent pas le garder pour eux ni s’en emparer, mais il doivent le mettre à la disposition de l’ordre. Si le malade survit, les chrétiens doivent le présenter à l’ordre, et prier qu’il se console de nouveau le plus tôt qu’il pourra ; et qu’il en fasse sa volonté. »

Mon analyse :
Là encore, la règle est claire. Pas d’appropriation personnelle et retour à une procédure classique si le patient guérit. Il devra faire son noviciat et être consolé de nouveau.

[1] Apocalyse de Jean (XXI, 8) : « Mais les craintifs, les mécréants, les horribles, les meurtriers, les prostitueurs, les drogueurs, les idolâtres et tous les menteurs, leur part est dans l’ardent étang de feu et de soufre qui est la seconde mort. »
[2] Le salut : l’Amélioration.

Rituel occitan de Lyon : La Règle des Bons-Chrétiens

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament de Lyon publié chez Slatkine reprints à Genève à partir du document original de M. L. Clédat, Professeur à la Faculté des Lettres de Lyon.
Le seul original connu est actuellement la propriété de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon qui l’a indexé dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Palais Saint-Pierre sous la côte n°36.
D’après les travaux de Anne Brenon, David Sbiral et leur équipe, cet ouvrage pourrait être daté de la fin du XIIIe siècle et aurait été rédigé en Italie du nord. Ce faisant, il se pourrait qu’il ait été la propriété de Peire Autié ou d’un de ses prédicateurs.Read more

Rituel occitan de Lyon : Sacrement de la Consolation

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament de Lyon publié chez Slatkine reprints à Genève à partir du document original de M. L. Clédat, Professeur à la Faculté des Lettres de Lyon.
Le seul original connu est actuellement la propriété de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon qui l’a indexé dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Palais Saint-Pierre sous la côte n°36.
D’après les travaux de Anne Brenon, David Sbiral et leur équipe, cet ouvrage pourrait être daté de la fin du XIIIe siècle et aurait été rédigé en Italie du nord. Ce faisant, il se pourrait qu’il ait été la propriété de Peire Autié ou d’un de ses prédicateurs.Read more

Rituel occitan de Lyon : la sainte Oraison dominicale

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Ce texte est tiré du Nouveau Testament de Lyon publié chez Slatkine reprints à Genève à partir du document original de M. L. Clédat, Professeur à la Faculté des Lettres de Lyon.
Le seul original connu est actuellement la propriété de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon qui l’a indexé dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Palais Saint-Pierre sous la côte n°36.
D’après les travaux de Anne Brenon, David Sbiral et leur équipe, cet ouvrage pourrait être daté de la fin du XIIIe siècle et aurait été rédigé en Italie du nord. Ce faisant, il se pourrait qu’il ait été la propriété de Peire Autié ou d’un de ses prédicateurs.Read more

Rituel occitan de Lyon : Service ou Apparelhement

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Le seul original connu est actuellement la propriété de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon qui l’a indexé dans le catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Palais Saint-Pierre sous la côte n°36.
D’après les travaux de Anne Brenon, David Sbiral et leur équipe, cet ouvrage pourrait être daté de la fin du XIIIe siècle et aurait été rédigé en Italie du nord. Ce faisant, il se pourrait qu’il ait été la propriété de Peire Autié ou d’un de ses prédicateurs.

Service (Servici) ou Apparelhement

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Traité cathare anonyme – 8

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Retrouvé dans le Liber contra Manicheos de Durand de Huesca, vaudois converti au catholicisme, ce traité — dont il ne reste que des extraits — est d’autant plus intéressant que ce moine catholique déploie de grands efforts pour tenter de le réfuter. Entièrement construit à partir de références scripturaires, ce traité comporte très peu de commentaires de l’auteur, ce qui le rend d’autant plus utile pour valider sa démonstration. L’auteur de ce traité serait Barthélémy de Carcassonne qui aurait pu être un représentant en Languedoc d’un haut dignitaire cathare de Bosnie. Ce document semble être un outil préparé en vue de controverse ou d’enseignement et utilisant les sources scripturaires afin de conforter la doctrine cathare dyarchienne.

Le présent document est une traduction de René Nelli publié dans le recueil « Écritures cathares » publié par les éditions du Rocher dans une édition actualisée et augmentée par Anne Brenon en 1995. Pour respecter le droit des auteurs je ne vous livrerai ni la préface, ni les notices que vous trouverez dans le livre. J’espère qu’en ne publiant que la traduction je ne causerai aucun tort à personne et je permettrai à tous d’accéder à cet ouvrage essentiel à la compréhension de la doctrine cathare.Read more