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Quelques antithèses de Marcion

Manuscrits
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Quelques antithèses de Marcion de Sinope

D’après le livre d’Adolf Von Harnack : L’évangile du dieu étranger (édition du Cerf) Pages 113 à 115

I. Le Démiurge était connu d’Adam et des générations suivantes, mais le Père du Christ est inconnu, comme le Christ lui-même l’a dit par ces mots : « personne n’a connu le Père en dehors du Fils ».Read more

Moi, Marcion… ou les fondements de l’antijudaïsme chrétien

Livres, BD, etc.
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Moi, Marcion… ou les fondements de l’antijudaïsme chrétien

Xavier Ponte-Corto

Quatrième de couverture

Moi, Marcion… ou les fondements de l’antijudaïsme chrétien.
Ce roman raconte l’histoire de Marcion de Sinope.
Armateur puissant et riche, 1er banquier de l’histoire chrétienne, il fut surtout un évêque itinérant entre 135 et 144, connu pour :
– l’invention des concepts d’Ancien et de Nouveau Testament,
– l’édition « industrielle » de l’Evangile de Luc, des Epitres de Paul de Tarse
– et de la mise en place de l’antijudaïsme chrétien sur l’Empire romain.
Son but était que l’Eglise chrétienne se sépare des juifs, de leur culture, rites, traditions et Livres Sacrés, afin de ne se consacrer qu’au Christ et aux Evangiles.
Ayant échoué à en convaincre le pape Pie 1er, il fut exclu de l’Eglise en 144. Il fonda alors le marcionisme, secte chrétienne intégriste et fanatique qui répandit un antijudaïsme haineux sur l’ensemble de l’Empire.
Ce concept pernicieux couvrit les Ile et Ille siècle où il y eut plus de chrétiens marcionites que de chrétiens dépendants de la Grande Eglise. Leur antijudaïsme était d’une violence extrême.
Ce système de pensée néfaste perdure toujours deux mille ans plus tard, malgré tous les efforts faits par la chrétienté pour effacer toute trace du plus vénéneux des hérétiques chrétiens : Marcion de Sinope.
Xavier Ponte-Corto

Mon commentaire

Cette quatrième de couverture est assez claire pour informer le lecteur.
En effet l’auteur, dont on ne peut nier qu’il connaît le sujet, a pris le parti de l’Église de Rome et mène une véritable croisade anti-Marcion.
Sur son site, prétendûment « dédié » à Marcion, il prend ouvertement le parti judéo-chrétien et pourfend Marcion de façon encore plus violente que ne le fit jamais Tertullien de Carthage.
Mais cela serait acceptable si l’on ne relevait pas de nombreuses erreurs, voire mensonges dans son propos.
Accuser Marcion d’antijudaïsme est vrai et correct, mais faire le lien entre antijudaïsme et antisémitisme est un mensonge éhonté et une idiotie théologique ! En effet, en détachant le christianisme du judaïsme, Marcion a de fait supprimé la rivalité instaurée par l’Église de Rome, ce qui a poussée cette dernière à organiser l’antisémitisme afin de prendre sa place. Les accusations de déicide portées contre les juifs ne sont pas le fait des marcionites, mais des catholiques. Quand on ne se pose pas sur les mêmes brisées, on ne se combat pas, on s’ignore !

Cette remarque extraite du même site donne franchement envie de rire :
« Marcion est dénié par eux car, entre autre délire sur l’axe du mal judéo-judaïque, il remet en cause les fondements de ces deux religions en induisant dans son argumentation que les Hébreux étaient un petit peuple tribal s’étant inventé un passé mythologique pour palier sa transparence… passé que les juifs ont pris pour argent comptant… et les chrétiens à leur suite. »
C’est exactement, à la virgule près ce que les archéologues israéliens Finkelstein et Silberman ont démontré dans leurs travaux.

Au total, ce livre est à fuir à tout prix, surtout si vous débutez dans la recherche théologique, car il ne vous aidera en rien et pourrait même égarer les esprits les moins bien formés.

Marcion. L’évangile du Dieu étranger

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Marcion.
L’Évangile du Dieu étranger
Adolf von Harnack

Quatrième de couverture

Vers 140, à Rome, Marcion, originaire du Pont, commence à prêcher un évangile radical qui sépare et oppose le Dieu bon du Nouveau Testament et le Dieu juif, créateur et auteur de la Loi. Rejeté par la communauté chrétienne, il fonde une Église qui s’étend « à tout le monde habité » et qui rivalisera longtemps avec la Grande Église avant de disparaître vers le IXe siècle. Justin, Tertullien, Irénée, et tous les Pères de l’Église l’ont fermement combattu.
Celui que certains Pères ont considéré comme l’« hérétique par excellence » pour avoir porté atteinte à l’unité de Dieu et à la réalité du salut dans la chair mortelle, aurait pu tomber définitivement dans l’oubli.
Or il retrouve un regain d’actualité avec la critique historique du Nouveau Testament à partir du XVIIIe siècle. N’est-il pas le créateur du mot même d’évangile, la bonne nouvelle du Dieu bon, et à l’origine de la création d’un Nouveau Testament distingué de l’Ancien ? Pour la théologie protestante du XIXe siècle, Marcion devient alors le témoin d’une transition entre l’évangile primitif et un précatholicisme qui renforce l’emprise de la loi et des institutions (règle de foi, magistère épiscopal sacrements, morale).
Harnack a fait de Marcion la figure la plus importante de l’histoire de l’Église entre Paul et Augustin, un réformateur plus conséquent que Luther et sa dialectique Loi-Évangile : seul compte l’évangile de la bonté de Dieu et l’Ancien Testament doit être rejeté hors de la Bible chrétienne.
Cette thèse radicale touche non seulement aux relations entre judaïsme et christianisme en excluant toute théologie interreligieuse mais elle a pu aussi recouper des théories politiques et sociales exclusivistes ou protestataires, notamment chez Carl Schmitt et Ernst Bloch.
Les contributions de B. Lauret, G. Monnot, E. Poulat et M. Tardieu, réunies en fin de volume, permettent de faire le point sur la recherche historique depuis Harnack et de mettre en perspective les éléments de reconstruction de ce Marcion redivivus.

Adolf von Harnack (1851-1930), théologien protestant, historien, philologue et éditeur des Pères de l’Église, est l’auteur dune œuvre monumentale, qui continue à faire date, concernant l’histoire du christianisme ancien.

Informations techniques

Édition originale : J. C. Hinrich’sche Buchhandlung, Leipzig, 1924
Éditions du Cerf, 2003, pour l’édition française ISBN 2-204-07184-6

Mon commentaire

Il est étonnant et logique que l’œuvre de l’homme qui sut le mieux concrétiser le message apostolique de Paul et en tirer les conséquences logique fut combattu et finalement étouffée par le christianisme romain qui avait renié ses fondamentaux pour se doter d’une historicité destinée à valider une ancienneté qu’il n’avait pas.
Ce choix manipulateur sera confirmé quelques siècles plus tard par l’alliance contre nature entre cette religion de la non-violence avec le pouvoir impérial. Mais le coup du sort est que c’est à ses détracteurs, désireux de démontrer la fausseté de ses thèses, que l’on doit la sauvegarde des  écrits de Marcion. C’est à eux également que l’on doit le témoignage d’l’importance et de la pérennité de son église.
Enfin, c’est encore un serviteur de l’empereur qui, bien plus tard, nous mettra sur la piste de la filiation historique entre marcionisme et paulicianisme, puis entre paulicianisme et bogomilo-catharisme. Il est vrai que la lecture de la doctrine de Marcion n’avait pas besoin d’une telle confirmation tant son contenu se retrouve quasi intégralement dans la doctrine cathare.
En raison du caractère parfois ardu de la lecture de cette thèse de théologie, je vous propose mes notes de lecture dans le sommaire ci-dessous.

Sommaire

I. Introduction

II. Vie et activité de Marcion

III. Le point de départ de Marcion

IV. Le critique et restaurateur. La bible de Marcion
– la lettre aux Galates
– La première lettre aux Corinthiens
– La deuxième lettre aux Coorinthiens
– La lettre aux Romains
– La première lettre aux Thessaloniciens
– La deuxième lettre aux Thessaloniciens
– La lettre aux habitants de Laodicée (lettre aux Éphésiens)
– La lettre aux Colossiens
– La lettre aux Philippiens

V. Les « Antithèses » de Marcion

VI. Le christianisme de Marcion et sa proclamation
– Les fondements
– Le Créateur du mond, le monde et l’homme
– Le Créateur du monde comme Dieu des Juifs
– Le Dieu rédempteur en tant que Dieu étranger et supérieur

VII. La sainte Église des rachetés et sa règle de vie

VIII. L’histoire de l’Église marcionite. Les écoles théologiques dans leur milieu et la secte d’Apelle
– L’histoire externe
– L’histoire interne
– Apelle et sa secte

IX. La situation historique de Marcion et sa signification pour la genèse de l’Église catholique

X. Le christianisme de Marcion à la lumière de l’histoire de l’Église et de la philosophie de la religion
– L’antinomisme et le rejet de l’Ancien testament
– L’Évangile du Dieu étranger et le panchrsitisme