Quand notre monde est devenu chrétien (312 – 394)

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Quand notre monde est devenu chrétien (312 – 394)

Paul Veyne

Quatrième de couverture

C’est le livre de bonne foi d’un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d’œuvre de création religieuse, a pu, entre l’an 300 et l’an 400, s’imposer à tout l’Occident.
Pour Paul Veyne, c’est grâce à la conversion de l’empereur romain, Constantin, le maître du monde occidental : parce qu’à ce grand empereur il faut une grande religion et que, face aux dieux païens, le christianisme, bien qu’il apparaisse comme une secte très minoritaire, est la religion d’avant-garde. Constantin aide les chrétiens à mettre en place leur Église, ce réseau d’évêchés tissé sur l’immense empire romain.
Lentement, avec docilité, les foules païennes se font un christianisme à elles, sans que la christianisation de cent million de personnes fasse un seul martyr…
un livre érudit et impertinent.

Données techniques

ISBN : 978-2-253-12999-8
Éditions Le livre de poche 2010 – Première édition : Albin Michel 2007

Mon opinion

Je serai moins dithyrambique mais je reconnais à cet ouvrage le grand mérite de clarifier une période qui l’est peu. Pourquoi un empereur soucieux de la cohésion et de la stabilité de son empire prend-il le risque de se mettre à dos 95% de sa population en choisissant le camp d’une secte insolente et rebelle, à peine sortie de plusieurs répressions sanglantes ?
La réponse est multimodale me semble-t-il. D’abord, pour des raisons psychologiques personnelles et ou mystiques, il se met sous la protection du signe christique (chrisme) à l’aube d’une bataille décisive. Face à un paganisme de plus en plus brouillon, cette religion exigeante et sans concession lui semble peut-être plus en accord avec sa mentalité personnelle. Surtout qu’il aura soin de ne pas l’imposer à son peuple, même s’il sera de plus en plus méprisant envers les païens et de plus en plus haineux envers les juifs et qu’il se gardera bien de se faire baptiser afin de conserver son autorité vis-à-vis des évêques, auprès desquels il se taillera une place sur mesure, et de continuer une vie mondaine classique.
L’auteur a du mal à cacher sa préférence pour ce christianisme de pouvoir et oublie un peu vite de parler des nombreuses variantes qui amèneront les successeurs de Constantin à reprendre la répression contre les courants dits hérétiques, un siècle plus tard.
À lire pour améliorer la connaissance d’une période souvent faussée dans les documents historiques.