Les Bougres : Histoire du pope Bogomile et de ses adeptes

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Les Bougres : Histoire du pope Bogomile et de ses adeptes

Borislav Primov

Informations techniques

Édition française : 1975. Bibliothèque historique Payot. 365 p. Prix à la publication : 65 Frs (9,90 €).

Traduction française de Monette Ribeyrol

Commentaire

Je n’ai pas lu ce livre mais Jean Grouillard que j’ai lu et dont je respecte les compétences, s’exprime sans équivoque dans la Revue de l’histoire des religions, tome 192 n°1, 1977. p. 114.

« L’ouvrage de D. Angelov sur Le bogomilisme en Bulgarie (Bogomilslvoto v Bâlgaria, Sofia, 1969) était d’un authentique savant.
Celui de Primov, paru à Sofia l’année suivante, est un pitoyable roman à thèse. Les « spécialistes » (cf. p. 123) y apprendront que le bogomilisme, à travers les relais du catharisme et de la Réforme, a puissamment servi « l’aspiration de l’homme à s’affranchir des chaînes de l’obscurantisme » (p. 27). L’hérésie bogomile est la réaction de l’esprit critique (p. 12) contre l’oppression ininterrompue des puissances et doctrines établies du Moyen Age. Ce qu’on nous démontre par une accumulation de citations jetées en vrac, à coup de reconstructions gratuites — voir la carrière, brossée de chic, de l’obscur Bogomil ®(p. 98-121), ou le tableau du règne du tsar Pierre (p. 77-85) — et de généralités emphatiques et peremptoires, à la limite du comique, sur le monde médiéval (il suffira de lire les pages 11-13). L’imposante bibliographie « occidentale », déballée aux pages 297-302, ne doit pas donner le change. Tout le livre prouve que l’auteur ne l’a guère lue, ou en tout cas utilisée.
La traductrice sait son bulgare, mais elle a des notions fort confuses de la rigueur historique. Les textes grecs, latins, français sont presque toujours retraduits de versions bulgares, au risque parfois de contresens (p. 158, 11. 2-3) ; les noms d’auteurs sont estropiés (Robert d’Autissiodore, pour Auxerre, p. 10 ; Fulcherio Carnotensi pour Foucher de Chartres, p. 276, n. 3, etc.) ; on bulgarise à tous propos (Traulos, une forme qui remonte à Hérodote, deviendra Travàl, p. 230) ; les « moines » deviennent les « soutanes noires » (passim). On demeure consterné qu’un livre qui n’est qu’un piège à ignorants (appât du titre inclus : Les Bougres) puisse usurper, en une période dramatique pour l’édition scientifique, la place de travaux comme celui de Milan Loos, Dualist Heresy in the Middle Ages, Prague, 1974, en regard duquel il n’est que néant prétentieux.
Jean Gouillard. »