Le Pasteur d’Hermas

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Le Pasteur d’Hermas

lu par Philippe Henne

Quatrième de couverture

Comment devenir chrétien dans un monde païen, plein de séductions et d’attraits ? Telle devait être la question cruciale que se posaient les prêtres et les diacres à Rome lorsqu’ils rencontraient un homme intéressé par le christianisme. Le « Pasteur », rédigé au IIe siècle de notre ère par un certain Hermas, offre alors une catéchèse adaptée, car il utilise les différents styles de la prédication. Il commence par raconter plusieurs visions de l’Église et de la communauté chrétienne. Cela séduit l’imagination. Il poursuit par un enseignement moral et humain plein de bon sens. Il satisfait alors la recherche intellectuelle. Il finit par une vaste liturgie où les grands mystères sont à nouveau approfondis.

Le but est d’aider à la conversion, mais les moyens et le ton sont pleins de bienveillance et d’espoir. La joie elle-même est sans cesse recommandée, car la colère aveugle et obscurcit l’entendement. Les grandes vérités de la foi ne sont pas oubliées : la foi en un Dieu créateur plein de sollicitude, en un Fils présent dans l’œuvre d’édification de la communauté, en un Esprit présent dans le cœur de l’homme.

Le « Pasteur », le plus long des ouvrages rangés parmi les écrits des Pères apostoliques, est aussi le plus curieux. C’est un livre d’initiation qui séduit par la qualité de sa prédication et la profondeur de ses convictions, et qui garde toute son actualité.

Mon commentaire

À partir de larges extraits du texte original disponible ci-dessous, l’auteur — dominicain belge — propose une analyse intéressante même si elle est logiquement judéo-chrétienne.

Pour ma part je relève dans ce texte et dans cette exégèse deux points très importants à mes yeux. D’abord que le christianisme des tous premiers siècles brasse un grand nombre d’idées qui sont émises, reprises, développées, modifiées, relancées ou rejetées par des groupes chrétiens variés. Aussi est-il normal que ces idées se retrouvent ici ou là, mais prétendre que cela constitue un lien de filiation entre les groupes religieux serait inconsistant et malhonnête car ce qui compte ce sont les divergences irréductibles et non quelques convergences, aussi importantes soient-elles.
Ensuite, ces textes primitifs, canoniques ou non, montrent déjà les grandes lignes de clivage entre les différents groupes. Le Pasteur d’Hermas est clairement judéo-chrétien car il regroupe les éléments fondamentaux qui seront fixés au credo de Nicée-Constantinople même s’il contient des éléments qui seront abandonnés plus tard par le judéo-christianisme.