Chronique 1145 – 1275

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Chronique 1145 – 1275

Guillaume de Puylaurens

Quatrième de couverture

Écrite entre 1250 et 1275, la Chronique de Guillaume de Puyiaurens traite de la croisade des albigeois, du rattachement du comté de Toulouse à la Couronne de France au cours du XIIIe siècle, de l’affaire du comte de Foix et de la succession du royaume de Sicile.
Guillaume de Puyiaurens naît peu après 1200 à Toulouse où il poursuit ses études peut-être jusqu’à la maîtrise. De l’entourage de l’évêque Foulque vers 1228-1230, curé de Puyiaurens, dans le Tarn, de 1237 à 1240, il a la confiance de l’évêque Raimond du Fauga. A partir de 1244, il devient chapelain du comte Raimond VII, sans doute jusqu’à sa mort à laquelle il assiste. Il vécut jusqu’en 1274 au moins, rendant des services occasionnels à l’Inquisition.
Moins meublé de philosophie ou de théologie que de souvenirs et d’anecdotes qu’il ne manque pas de glisser dans sa courte chronique, l’esprit de Guillaume possède une relative indépendance. A l’Antiquité, il va jusqu’à emprunter le mot, insolite à son époque, de liberté (au singulier) : «jugum in consuete libertatis prejudicium », et la notion, non moins insolite, de gouvernement libéral.
C’est qu’il est, sans conteste, un esprit politique et un homme de bon sens qui ignore l’imagerie d’Épinal : les Raimond ne sont pas pour lui soit des suppôts de Satan, soit l’incamation de « Parage » ; Simon de Montfort, soit saint Georges, soit Attila. Les Raimond sont des catholiques dont la fin est édifiante ; la responsabilité de Raimond VI n’est pas plus grande que celle des prélats. Simon de Montfort est un homme de cœur dont la valeur a été admise par son adversaire lui-même, mais il est mort découragé, poussé à payer de sa personne par des prélats incompréhensifs et irritants.
Certes, il prétend donner à son ouvrage le caractère d’une théodicée particulière : en soixante-dix ans, les changements politiques survenus en Europe en faveur de la monarchie française sont la marque d’un plan providentiel. Rien d’original. Mais ce qui, en revanche, le singularise, c’est l’avis critique purement objectif qu’il formule à propos de certains événements politiques ou militaires, là où l’on n’attendrait qu’un sermon : l’échec des Français après 1215 est dû à leur rapacité et à la dénaturation du but fixé à la croisade ; le traité de paix de 1229 a coûté trop cher au comte de Toulouse ; le meurtre des Français pris aux Pujols ou des inquisiteurs à Avignonet furent, plus que des crimes, des fautes, etc.
Par ses qualités historiques, la Chronique de Guillaume de Puyiaurens est un texte essentiel non seulement de l’histoire « albigeoise » ou française, mais aussi de l’histoire européenne.

Commentaire

Qualité particulière de cet ouvrage : il est traduit, présenté et annoté par Jean Duvernoy

Éléments techniques

Éditions Prérégrinateur éditeur
ISBN : 2 – 910352-06-4
Dépôt légal : nov. 1996