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La gnose

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La gnose – Hans Leisegang

Présentation

Malgré la découverte de la Bibliothèque de Nag Hamadi, l’œuvre du professeur d’Iéna demeure un « classique ». Elle aura offert, dès 1924, une définition clairvoyante de la gnose et du mouvement cyclique de pensée que cette dernière comporte. La distinction de Leisegang entre la pensée scientifique rationnelle et la pensée gnostique reste toujours vraie. Alors que la pensée rationnelle ne connaît qu’un développement qui va en ligne droite des formes les plus primitives aux plus élevées, un développement à la fin duquel nous nous trouvons et qui nous conduit ; sur un plan linéaire vers un infini : de la pierre aux plantes, aux animaux et aux hommes primitifs, de là à l’homme, et, par-dessus lui, à l’« Antropos » céleste, la pensée mythique et mystique, elles, ne s’engagent plus sur un plan horizontal, mais elles adoptent la forme du cercle : on retourne en partant de Dieu, à travers le monde qui se développe en lui, à Dieu lui-même, de l’esprit, par la matière, à l’esprit, de l’innocence par le péché et la Rédemption, de nouveau à l’innocence, de la vie à la mort et de la mort à la vie. C’est ainsi que la fin coïncide toujours avec le commencement. De l’un vient  le Tout, et de Tout l’Un. C’est le cycle de l’éternel retour. L’idée est exprimée par le vieux symbole du serpent qui se mord la queue  ; c’est le fleuve qui coule en lui-même, pour reprendre une expression de Maître Eckhart. Les différents cercles qui décrivent l’évolution du monde, l’histoire de l’humanité, la Rédemption, l’âme humaine et le culte sont concentriques à un même point. Et ces cercles concentriques sont parallèles les uns aux autres : le monde est parallèle à l’humanité, l’humanité au Rédempteur et le Rédempteur à l’âme.

C’est en se retournant sur soi-même que l’on a meilleure chance de découvrir l’harmonie fondamentale du monde. Que l’évolution du monde soit considérée comme un cycle où le Tout se divise en ses parties, et où les parties ne parviennent au repos que lorsqu’elles retournent dans le Tout, que de l’un sorte le Tout et du Tout l’Un, cela est la pensée fondamentale de la vieille philosophie naturelle des Grecs, celle des Présocratiques.

Jacques-E Ménard dans Histoire des religions

Informations techniques

Première édition 1924 Leipzig. Ré-édité en 1936 – 1941 – 1951 et dernière édition en 1971 par Petite bibliothèque Payot (Paris) traduction par Jean Gouillard.

En quête de la gnose

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En quête de la gnose
Henri-Charles Puech

Quatrième de couverture
D’Henri-Charles Puech (1902-1986), peu d’écrits sont accessibles autrement que par la consultation des revues savantes. Depuis longtemps, la nécessité se faisait sentir d’un recueil des principaux articles et cours consacrés à la Gnose par le professeur au Collège de France. La réunion de ces travaux montre la continuité d’une recherche patiemment poursuivie depuis une cinquantaine d’années, et dont les étapes ont été marquées par deux révolutions successives : la découverte d’un ensemble de documents manichéens au Fayoum, en 1930, et celle d’une « bibliothèque » gnostique à Nag Hammâdi (Haute-Égypte) en 1946. Certaines des études ici recueillies s’attachent aux documents nouveaux point par point ; d’autres proposent des vues générales sur cette attitude tout ensemble religieuse et spéculative que l’Histoire des Religions désigne du nom de Gnose, étudiée telle qu’elle a été et telle qu’elle est.

I. La Gnose et le temps.

Quelques articles préparent en un sens à l’étude de la Gnose : la notion de Démiurge chez « Numénius d’Apamée », la « position spirituelle de Plotin », la « Ténèbre mystique » et la théologie négative chez le Pseudo-Denys ; d’autres, concernant des sources gnostiques jusque-là négligées, sont complétés et confirmés par les sources nouvelles (« Plotin et les gnostiques », « Fragments de l’Apocalypse d’Allogène »); d’autres enfin comparent les trois conceptions du temps qui s’offraient à l’Antiquité finissante : circulaire pour les Grecs (l’éternel retour), en droite ligne pour les chrétiens (de la chute vers le salut en passant par Jésus), et en ligne brisée, symbole d’absurde incohérence, pour les gnostiques, en ceci ressemblants à tels penseurs modernes.

II. Sur l’Évangile selon Thomas

L’Évangile dont le texte copte a été retrouvé en haute Égypte, et dont une traduction est donnée en tête du volume, a fait sensation aussitôt son existence révélée, en particulier par diverses notes et communications de l’auteur ici reproduites. Il s’agit de plus d’une centaine de « paroles » que Jésus aurait adressées à son disciple Thomas, gardées secrètes et répandues dans les milieux gnostiques et manichéens. Les unes s’apparentent aux paroles du Nouveau Testament; les autres sont inconnues et mettent en oeuvre de nombreux thèmes gnostiques que H-Ch. Puech met à nu, esquissant ainsi, de tout ce courant de pensée, une interprétation systématique dont un grand spécialiste du mysticisme iranien, traitant de motifs voisins, a pu souligner « la richesse et la densité exceptionnelle » (Henry Corbin, En Islam iranien, II).