dualisme

Les catharismes

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Les catharismes
Pilar Jiménez-Sanchez

Modèles dissidents du christianisme médiéval (XIIe– XIIIe siècles)

Quatrième de couverture

Il fut une époque pas si lointaine où l’histoire du catharisme paraissait simple et claire : le catharisme était un phénomène extérieur, une importation orientale survenue, pour certains historiens au début du XIe siècle, pour d’autres au milieu du XIIe siècle, caractérisé par une doctrine dualiste jusque-là inconnue dans le monde latin. Cette étude propose de revenir sur ces présumées origines historico-doctrinales et sur la nature de ce mouvement dissident. Tout d’abord, en cessant de privilégier les constructions et préjugés historiques et doctrinaux élaborés et distillés depuis les théologiens catholiques de l’époque médiévale, leurs principaux détracteurs, puis transmis au travers d’une longue tradition historiographique dont les études récentes se font encore l’écho. Ensuite, à partir d’une lecture attentive de l’ensemble de documents, remontant aux débats du IXe siècle carolingien relatifs à la  » société chrétienne « , l’auteure propose une genèse des catharismes, phénomène pluriel et endogène au christianisme occidental. Ainsi se dégage et se précise le parcours d’une pensée dualiste dont les expressions dissidentes, même la plus radicale d’entre elles, au XIIIe siècle, résultent du processus de rationalisation qui traverse le christianisme médiéval.

Mon commentaire

Le travail de Mme Pilar Jiménez est d’une qualité indiscutable quant à sa forme. Ses recherches exhaustives, son travail des sources sont dignes de la qualification de l’auteure.
Par contre sur le fond je considère que Mme Jiménez — si motivée à démontrer les erreurs des chercheurs médiévaux et des polémistes catholiques et orthodoxes — est finalement tombée dans le même piège.
Faire du catharisme une dissidence chrétienne dont les expressions seraient en quelque sortes déconnectées les unes des autres et le réduire à une réaction d’ordre politico-social est une erreur manifeste. Comme un archipel (expression due à Anne Brenon et reprise dans la préface de ce livre), les îles le composant peuvent sembler distinctes les unes des autres et donner envie au géographe de les traiter indépendamment, mais en réalité elles sont unis sous la surface de l’eau et la cause de leur émergence est le même feu qui se déplace au fil du temps.
De la même façon le catharisme n’est pas un phénomène médiéval isolé, comme le pense bon nombre d’historiens, ni une série de manifestations d’opposition à un système religieux et politique donné, comme le pensent l’auteure et quelques autres historiens, mais une émergence médiévale d’un phénomène qui s’est manifesté dès le premier siècle. Mais pour s’en rendre compte il faut chercher à lire l’Histoire partout où elle s’exprime et non seulement là où l’on veut la voir.

La philosophie du catharisme

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La philosophie du catharisme

Le dualisme radical du XIIIe siècle

René Nelli
Collection « Le regard de l’histoire »
Éditeur Payot, Paris 1975
Couverture de l’édition de 1978.
Photo de couverture : Montségur de Jean Dieuzaide.
ISBN 2-228-27221-3

Avis personnel
Ouvrage majeur malgré des positions un peu datées, notamment relativement aux travaux postérieurs de Jean Duvernoy.
À posséder dès que l’on a dépassé le premier stade de découverte du catharisme et que l’on veut en saisir la profondeur.

 

 

 

 

Table des matières

I. Introduction
Chapitre premier : La lecture cathare de l’« Évan
gile » selon saint Jean
Chapitre II : Le Traité cathare de Bartholomé de Carcassonne. — Augustinisme et Catharisme..
Chapitre III : La métaphysique de Jean de Lugio.
— « Le livre des deux principes »
Chapitre IV : Le dualisme radical. — L’homme
cathare et sa morale

Appendices :

  1. Le chapitre XII du livre contre les Manichéens (« Liber contra Manicheos ») (1222-1223?) de Durand de Huesca.
  2. « Liber soliloquiorum ad deum » (Soliloques apocryphes), chapitre V : « Quid sit nihil fieri? » (Qu’est-ce que devenir un néant ?) .
  3. « Le Livre des deux principes. » Traité du libre arbitre : « Probatio quod non sit liberum arbitrum », Édition Dondaine du Liber 
de duobus principiis, pp. 92-93. Édition Thouzel
lier, pp. 201-226
  4. « Exempla » et mythes cathares
  5. Les « omnia mala » et le « nihil » (à propos de l’article de Mlle Thouzellier : « Les Cathares languedociens et le nihil » (Jean, 1, 3). —Annales-Économies, Sociétés, Civilisations, jan
vier-février 1969)
  6. Vocabulaire occitan du Catharisme

Quatrième de couverture

Jusqu’ici le Catharisme n’avait guère été examiné que sous ses aspects religieux et mythiques. On refusait à ses docteurs la qualité de philosophe. Il appartenait à René Nelli, auteur de nombreux ouvrages sur l’hérésie, de nous donner enfin le livre tant attendu sur la philosophie du Dualisme radical telle qu’elle se trouve contenue dans le Traité du languedocien Bartholomé, dans le Livre des deux principes et dans le Traité perdu de Jean de Lugio, dont Raynier Sacconi noos a conservé la substance.

Ces trois sources sont les seules, en Occident, qui permettent de se faire une idée de ce qu’à pu être le grand courant dualiste qui, à partir de Constantinople et de la Bulgarie, a traversé l’Europe du XIIIe siècle et a causé à Rome tant d’alarmes.

La Philosophie du Catharisme de René Nelli est un livre neuf, profond, suggestif, dont le principal mérite est de débarrasser la pensée hétérodoxe de tous les déguisements dont le scientisme matérialiste, ainsi que l’illuminisme des amateurs de mystère, ou la foi naïve des néo-cathares, l’ont trop souvent affublée.

Pour René Nelli, le Catharisme ressortit au Christianisme et à la
scolastique, il procède tout entier de l’Evangile de Jean, de l’Augustinisme des apocryphes et de la philosophie aristotélicienne.
C’est un dualisme principiel mais inégalitaire, qui se fonde moins sur l’antagonisme de deux dieux « égaux » que sur l’opposition de l’être et du néant.

Le Catharisme dualiste apparaît ainsi comme l’une des constructions métaphysiques les plus originales de l’Occident et l’une des tentatives les plus hardies pour résoudre le problème du Mal, en dehors de tout anthropomorphisme puéril, et en substituant, précisément, au drame anthropologique le Drame divin et cosmique.